Solidarité

Infirmière non grata !

Par
Didier Doukhan -
Publié le 31/03/2020
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Pour faciliter le travail des soignants, plusieurs hôpitaux, notamment en région parisienne, ont lancé des appels pour héberger leur personnel.

Ces appels ont souvent donné lieu à des démonstrations de solidarité, mais aussi parfois généré quelques comportements honteux. De honte il est bien question, lorsque cet habitant du XXe arrondissement de Paris raconte (sur France Inter) comment son initiative pour loger une infirmière venue en renfort - de Vancouver ! - a fini par avorter... Répondant à l'appel de l'hôpital Tenon à la recherche de logements, le parisien repère deux appartements vides de sa copropriété et obtient l'accord de leurs propriétaires pour y loger l'infirmière. Par acquit de conscience, et pour la bonne forme, il avise également la copropriété de sa démarche. L'homme de cœur le regrettera. Car deux familles, des couples âgés soutenus par leurs enfants, s’opposent à l'installation de l'infirmière. « Vous auriez dû nous demander notre accord, cette façon de procéder n'est pas acceptable, vous n'êtes pas le seul dans cet immeuble, votre comportement est égoïste », se voit-il répondre. Infirmière non grata ! Pire encore est la mésaventure de cet infirmier lyonnais qui, il y a quelques jours, découvrait sur sa porte un message anonyme l'invitant « gentiment » à trouver un autre logement. Malheureusement, le cas n'est pas isolé. Heureusement, d'autres Français plus généreux montrent au contraire des preuves de solidarité. « Je propose de mettre mon studio parisien vide à disposition d’un(e) soignant(e) qui en aurait besoin », écrivait ainsi l’acteur Pierre Deladonchamps le 17 mars sur son compte Twitter. Une initiative vertueuse qui, à l'instar du virus, contamine avec bonheur la Toile.

L'histoire l'a montré, honorables ou pitoyables, les Français sont partagés en période de crise. À l'heure de l'armistice, espérons seulement que les applaudissements aux fenêtres auront fait oublier les honteux messages anonymes dictés par la bêtise et la peur.

Didier Doukhan

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 3591