Génériques du paracétamol : des députés craignent pour l’emploi

Par
Jacques Gravier -
Publié le 06/05/2014

Plusieurs députés, toutes tendances confondues (Front de Gauche, PS et UMP) ont écrit une lettre à Marisol Touraine, dans laquelle ils s’alarment des effets « catastrophiques » sur l’emploi en France de l’éventuelle substitution du paracétamol par des génériques. Ce courrier à la ministre de la Santé, daté du 29 avril, à l’initiative du député PCF de l’Oise Patrice Carvalho, est cosignée par des élus comptant dans leurs circonscriptions une usine Sanofi ou BMS-UPSA produisant du Doliprane ou du Dafalgan et de l’Efferalgan : Jean-Pierre Blazy (PS, Val d’Oise), Jean-Pierre Door (UMP, Loiret), Conchita Lacuey (PS, Gironde), Lucette Lousteau (PS, Lot-et-Garonne), Clotilde Valter (PS, Calvados). Convaincus qu’« il n’y a rien à gagner, mais au contraire beaucoup à perdre » à inscrire le paracétamol au tableau des génériques, comme le propose l’Agence nationale de sécurité du médicament, ces députés affirment que « la substitution par un générique n’aura aucune répercussion sur le prix », alors que « les effets sur l’emploi seraient catastrophiques », avec plusieurs milliers d’emplois menacés potentiellement. S’ils ne contestent pas le développement des génériques pour permettre « aux patients d’accéder aux médicaments à moindre coût et à la Sécurité sociale de mieux maîtriser les dépenses », ces élus observent que les trois médicaments coûtent 1,95 euro la boîte, contre 1,90 euro pour les génériques, et que Sanofi et BMS-UPSA se sont engagés à aligner leur prix à 1,90 euro au 1er janvier 2015. Ces parlementaires estiment aussi que « plus de 1 000 emplois directs sont potentiellement menacés » et 6 000 par effet induit, sachant entre autres que le Doliprane représente 100 % de la production de l’usine de Lisieux (230 salariés) et que la fabrication du Dafalgan et de l’Efferalgan concerne 550 des 1 400 salariés d’Agen. Ils considèrent également que « si une concurrence aiguë se développait sur les prix, des délocalisations s’en suivraient afin de produire les médicaments concernés dans des pays à faible coût de main-d’œuvre ».


Source : lequotidiendupharmacien.fr