France stratégie pointe un système de santé « coûteux »

Par
Anne-Gaëlle Moulun -
Publié le 23/07/2014

Crédit photo : S. TOUBON

Dans un rapport comparant les dépenses publiques dans plusieurs pays européens, France stratégie relève que « le système de santé français est coûteux, performant, mais peu efficient ». L’ex-Commissariat à la stratégie et à la prospective, rebaptisé France stratégie, plaide notamment pour une organisation des soins « moins hospitalo-centrée ».

Le rapport note que « l’indicateur de performance le plus complet, l’Euro health consumer index place l’Allemagne et la France dans des cadrans opposés en terme de corrélation dépenses/performance ». Ainsi, la France « dépense peu (7 % du PIB) pour un système peu efficace », tandis que l’Allemagne « dépense beaucoup (8,2 % du PIB) et est plus performante ». En revanche « avec des dépenses qui sont au niveau de celles de l’Allemagne, la Suède obtient de meilleurs résultats que la France », souligne le rapport. Il note cependant que l’Hexagone « se démarque par l’accès aux nouveaux médicaments », mais ajoute que « sa performance est mitigée par les difficultés d’accès aux soins ». En effet, sa « prévalence de besoins médicaux non satisfaits » est forte, en particulier à cause du « faible remboursement des frais d’optique et des soins dentaires ».

Malgré tout, le rapport reconnaît que le reste à charge pour les patients est le plus faible en France, de l’ordre de 0,87 % du PIB contre 1,53 en Suède. « Ce résultat va de pair avec une forte dépense en assurance privée (1,84 en France contre 0,21 en Suède) », détaille le document. Les auteurs concluent que « des marges d’efficience existent dans l’organisation des soins (médecine ambulatoire peu développée) et dans notre surconsommation de médicaments ». Ils estiment que « la dépense en santé gagnerait en efficacité si la coordination entre acteurs était améliorée dans le cadre d’une politique de soins moins "hospitalo-centrée" et d’un développement concomitant du maillage de la médecine de ville (soins primaires) ».


Source : lequotidiendupharmacien.fr