C’EST UNE BATAILLE aussi violente qu’artificielle : le déficit projeté des régimes est tel qu’il ne peut être résorbé que par une combinaison de mesures. Il est impossible de l’ignorer. Le gouvernement le sait, les syndicats le savent, le PS le sait. Le premier Français à avoir alerté la France sur la course au précipice du système est un socialiste, Michel Rocard, dont le Livre blanc, en 1991, il y a donc 19 ans, avait déjà prévu les sacrifices à consentir pour rééquilibrer les régimes. En 1994, le gouvernement Balladur fait passer le nombre de annuités de cotisations de 37,5 à 40.
La débat gauche-droite se radicalise
Fracture politique
Publié le 31/05/2010
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La réforme des retraites aurait dû donner lieu en France à un consensus sur un mélange savant de prolongation des carrières, de taxes nouvelles pour les foyers les plus aisés et de hausses modérées des cotisations sociales. En réalité, elle a séparé deux grands camps où se retrouvent la majorité et l’opposition : la première met l’accent sur le report de la date de la retraite, la seconde ne songe qu’à lever des impôts pour protéger l’acquis social qu’est la retraite à 60 ans.
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