Dépistage massif et isolement des personnes infectées : les clés pour réussir le déconfinement

Par
Charlotte Demarti -
Publié le 14/04/2020
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Crédit photo : Phanie

Alors que le président de la République a annoncé le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai, une étude réalisée notamment par l’INSERM a analysé, selon des modèles statistiques, l’efficacité de différentes stratégies de sortie possibles, à partir de fin mai ou juin.

Ce travail conclut qu’une « levée du confinement sans stratégie de sortie entraînerait une deuxième vague écrasant largement le système de santé », car l'immunité de la population est encore très faible, estimée entre 1 % et 6 % (au 5 avril). Pour maîtriser l'épidémie sans submerger le système de santé, le déconfinement ne pourrait intervenir que lorsqu’il sera possible de réaliser, à grande échelle, des tests de dépistage afin d’identifier les personnes porteuses du virus et leurs contacts et de les isoler. Pour cela, la logistique devra suivre : fourniture massive de tests, mise en place de moyens technologiques de recherche de contacts, coordination entre les pays pour rechercher les contacts au-delà des frontières. Pour améliorer l’isolement, les auteurs proposent également de placer les cas infectés dans des chambres d’hôtel individuelles (afin de limiter leur nombre de contacts).

Dans ce contexte, on pourrait envisager de conserver des stratégies de distanciation sociale (1 mètre, lavage des mains…) tout en relâchant progressivement les contraintes actuelles (avec une plus grande proportion de personnes retournant au travail et une réouverture progressive des activités). Les chercheurs préconisent de « maintenir les écoles fermées » - contrairement à ce qu’a annoncé hier soir le président de la République - et de « garder les personnes âgées isolées ». L’étude n’a pas inclus l'effet de l'utilisation de masques comme équipement de protection individuelle : « S’ils sont efficaces, leur utilisation généralisée peut aider à réduire le risque de transmission dans la communauté », indiquent les auteurs. L’étude n’a pas non plus pris en compte l’éventuelle saisonnalité du coronavirus, que l’on ignore aujourd’hui.


Source : lequotidiendupharmacien.fr