Masques antiprojections, gel hydro-alcoolique

Coronavirus : les pharmaciens, distributeurs de prévention

Par
Didier Doukhan -
Publié le 05/03/2020
10 millions de masques chirurgicaux ont été libérés du stock d'État pour être répartis dans les 21 000 officines de France. Destinés aux professionnels de santé, ces stocks devraient être complétés prochainement en fonction des besoins.
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Crédit photo : S. Toubon

Au cœur de l'épidémie de coronavirus qui frappe (aussi) l'Hexagone, la question de la fourniture de masques de protection est sur toutes les lèvres.

Quel masque ? Pour qui ? Dans quelles situations ? D'une certaine façon, l'alerte DGS-Urgent diffusée lundi dernier à l'ensemble des professionnels de santé a répondu à ces interrogations. Grâce au stock de 10 millions d'équipements issus du « stock État », chaque officine du territoire a pu recevoir cette semaine une dizaine de boîtes de 50 masques chirurgicaux. Mais attention, cette dotation n'est pas destinée à répondre à la demande pressante (et souvent irrationnelle) du public au comptoir des pharmacies. Les titulaires doivent d'ailleurs les distinguer de leur stock habituel en apposant sur la boîte une étiquette « stock État ». Car la DGS insiste : « l’utilisation des masques chirurgicaux par la population non-malade est exclue - l’usage à titre préventif pour les personnes qui ne sont pas en contact rapproché des malades étant inutile. »

Distribués par l'intermédiaire des grossistes-répartiteurs, puis des officinaux, ces stocks sont donc destinés aux professionnels de santé (médecins, infirmiers, sage-femme, masseur kinésithérapeute et chirurgien-dentiste). Ces derniers sont invités à venir les retirer dans la pharmacie de proximité. Une seule boîte leur est délivrée sur présentation de leur carte professionnelle mentionnant leur numéro RPPS.

Le principe du double masque

Quant aux conditions de leur utilisation, l'alerte DGS-Urgent précise que « dans une situation dans laquelle un personnel de santé est en contact avec une personne présentant des signes d’infection respiratoire et en l’absence d’autres équipements de protection individuelle, il pourra adopter le principe du double masque (soignant/soigné) ». Dans un communiqué joint à l'alerte sanitaire, l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) recommande toutefois aux officinaux « de conserver une petite quantité de masques pour l’officine en cas d’arrivée d’un patient ayant des symptômes et venant d’une zone identifiée qu’il faudra équiper en attendant de contacter le centre 15 ».

En début de semaine, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a par ailleurs annoncé qu'entre 15 et 20 millions de masques supplémentaires seraient livrés aux officines à mesure que les besoins se feront sentir.

Autre mesure de prévention, l'utilisation des gels et solutions hydro-alcoolique est clairement conseillée par les autorités sanitaires. Même si les stocks officinaux posent, pour l'heure, peu d'inquiétude, des voies alternatives sont d'ores et déjà explorées. Ainsi, l'Ordre national des pharmaciens annonce-t-il que, en accord avec les syndicats d'officinaux, il a proposé un arrêté au ministère de la Santé pour permettre la préparation de solutions hydro-alcooliques en officine. À suivre.

D. D.

Source : Le Quotidien du Pharmacien: 3584