Après le choc des européennes

Comment résister au pessimisme

Publié le 02/06/2014
Le tableau peint par les élections européennes est d’autant plus sombre qu’il expose les ravages infligés aussi bien à la droite qu’à la gauche, c’est-à-dire qu’il n’offre pas la perspective d’un sursaut de l’une des deux grandes formations qui, traditionnellement, exercent le pouvoir. On pourrait, certes, se résigner au fonctionnement de la démocratie et donc à de nouvelles victoires du Front national qui, in fine, lui donneraient la majorité législative et l’exécutif. Mais il n’est pas sûr du tout que le Front, bien qu’il se nourrisse principalement du chômage et de la précarité, ait devant lui une voie royale qui le conduirait au pouvoir.

Le triomphe du Front ne peut pas être relativisé ou ignoré. Il sanctionne un exécutif qui, depuis deux ans, s’est montré incapable de redresser la situation économique du pays, s’est constamment justifié par l’héritage qu’a laissé Nicolas Sarkozy, s’est cru obligé de se lancer dans des réformes qui non seulement n’étaient pas prioritaires mais ont indigné le camp catholique ou conservateur. À cet égard, la responsabilité de la majorité dans l’ascension du Front égale au moins, si elle ne la dépasse pas, celle de la droite.

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