Les différentes formes d’incontinence urinaireOn peut distinguer plusieurs formes d’incontinence urinaire selon leur mécanisme de survenue.L’incontinence urinaire d’effort :Elle correspond à une perte involontaire d’urine (en général en petites quantités), non précédée par un besoin d’uriner, survenant à l’occasion d’un effort (port d’une charge lourde, saut) ou de toute activité augmentant la pression abdominale (toux, rire, éternuement). Cette forme d’incontinence est due à un mauvais fonctionnement des sphincters ou un relâchement des muscles du plancher pelvien. Elle représente près de 40 % des cas d’incontinence urinaire mais est peu répandue chez l’homme (sauf après une chirurgie de la prostate).L’incontinence par impériosité mictionnelle :Il s’agit d’une fuite involontaire des urines liée à une hyperactivité de la vessie, précédée d’une urgenturie telle que le patient n’a pas le temps d’arriver jusqu’aux toilettes. Elle peut survenir de jour comme de nuit et en dehors de tout effort. Les pertes correspondent dans ce cas au contenu de la vessie et peuvent donc être importantes. C’est la forme d’incontinence la plus répandue chez l’homme (liée à une hypertrophie de la prostate ou à une chirurgie de cette dernière). Elle représente environ 10 % des cas d’incontinence urinaire.L'incontinence mixte :Elle associe les deux types de symptômes et représente 50 % des cas d’incontinence urinaire.L’incontinence par regorgement :Des pertes urinaires peuvent également survenir par regorgement en cas de rétention vésicale. Elles sont généralement associées à une pollakiurie ou une dysurie. Cela peut être dû chez l’homme à une hypertrophie de la prostate et chez la femme à un prolapsus génito-urinaire. Enfin, une origine iatrogène est possible.L’incontinence post-miction :Elle correspond à des pertes urinaires légères involontaires survenant immédiatement après la miction. Cela survient lorsque la vessie n’est pas complètement vidée lors de la miction. Ce type d’incontinence est fréquent chez les patients présentant une hypertrophie de la prostate ou un affaiblissement des muscles du plancher pelvien.Les facteurs favorisants l’incontinence urinaireL’incontinence urinaire est favorisée par de nombreux facteurs, réversibles ou non. Tout d’abord, tous les paramètres fragilisant le plancher pelvien peuvent être incriminés. Il s’agit notamment du vieillissement, de la grossesse, des accouchements (a fortiori quand ils sont difficiles, avec usage d’instruments, avec un bébé de poids élevé…), de la pratique de certains sports (équitation, haltérophilie, marathon), ou encore d’une intervention chirurgicale de l’abdomen ou du petit bassin.Ensuite, l’obésité a un rôle préjudiciable dans l’incontinence (en entraînant une augmentation de la pression sur les muscles abdominaux et pelviens), tout comme certaines pathologies chroniques : diabète, pathologies neurologiques comme la sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer. Chez l’homme, la cause la plus fréquente est une hypertrophie de la prostate puisqu’elle peut gêner l’écoulement de l’urine.L’incontinence peut également avoir une cause iatrogène, notamment lors de la prise de diurétiques ou faire suite à un prolapsus génito-urinaire chez la femme. Des infections des voies urinaires (cystites, pyélonéphrites) peuvent aussi être en cause.Enfin elle peut être favorisée par une toux chronique ou de mauvaises habitudes hygiéno-diététiques : apports hydriques excessifs, consommation importante de caféine ou d’alcool, constipation chronique…Traitement de l’incontinence urinaireLa rééducation périnéo-sphinctérienne :En l’absence de troubles neurologiques, c’est le traitement de première intention en cas d’incontinence urinaire d’effort. Elle est effectuée par un kinésithérapeute ou une sage-femme et consiste à effectuer des exercices de contractions du périnée pour renforcer sa tonicité, manuellement ou à l’aide d’une sonde (électrostimulation et biofeedback). Il peut être utile de rappeler aux patients qu’ils devront continuer à effectuer certains exercices à la maison pour potentialiser l’action de ces séances. Cette rééducation est notamment primordiale chez les femmes venant d’accoucher.Les traitements médicamenteux :Ils sont privilégiés dans la prise en charge de l’incontinence par impériosité. On utilise les anticholinergiques, qui bloquent les récepteurs périphériques parasympathiques et s’opposent à la contraction du détrusor induit par l’acétylcholine. Leur emploi peut être limité par leurs effets indésirables (liés à leur mécanisme d’action), à savoir : sécheresse buccale, constipation, rétention d’urine, troubles de l’accommodation, confusion. Ils sont contre-indiqués en cas de glaucome à angle fermé et de myasthénie. Leur efficacité maximale est atteinte après 5 à 8 semaines de traitement.Ils doivent être accompagnés d’une thérapie comportementale visant à instaurer de nouvelles habitudes de vie comme l’adaptation des apports hydriques et le fait de reprogrammer les mictions.Le traitement chirurgical :La chirurgie est une prise en charge de 2e intention, lorsque la rééducation périnéo-sphinctérienne, la thérapie comportementale et les traitements médicamenteux n’ont pas été efficaces, ou pas suffisamment. Il existe plusieurs techniques. Tout d’abord, la mise en place de bandelettes sous-urétrales qui visent à corriger le défaut du soutien du col vésical et de l’urètre. Elles sont proposées en cas d’incontinence d’effort. Le chirurgien peut également proposer des injections péri-urétrales d’agents comblants ou la mise en place d’un sphincter urinaire artificiel ou de ballonnets péri-urétraux.
Un peu de physiopathologie
Publié le 25/03/2022
- 0 RéactionsCommenter
- Partager sur Facebook
Facebook
- Partager sur X
X
- Partager sur Linkedin
Linkedin
- Partager par mail
Mail
- 0 RéactionsCommenter
- Partager sur Facebook
Facebook
- Partager sur X
X
- Partager sur Linkedin
Linkedin
- Partager par mail
Mail
Source : lequotidiendupharmacien.fr
Article précédent
Quelques définitions
Article suivant
Les mots du conseil
Quelques définitions
Un peu de physiopathologie
Les mots du conseil
Les produits conseils