L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie une enquête nationale de pharmacovigilance portant sur les effets indésirables associés aux analogues du GLP-1 dans le traitement du diabète et de l’obésité. Des chiffres qui démontrent le rapport bénéfice/risque favorable de ces spécialités, même si une augmentation des déclarations d’effets indésirables graves dans le cadre de mésusages est observée.
La France compte environ 870 000 patients utilisant des analogues du GLP-1 indiqués dans le traitement du diabète (ce chiffre ne comprend que les médicaments actuellement remboursés). Si les aGLP-1 indiqués dans le traitement du diabète et de l’obésité suivis dans le cadre de l’enquête – Trulicity (dulaglutide), Victoza, Xultophy, Saxenda (liraglutide), Ozempic et Wegovy (sémaglutide) ou Mounjaro (tirzépatide) – peuvent être à l’origine d’effets indésirables, les dernières données issues de l’enquête nationale de pharmacovigilance de l’ANSM démontrent un niveau de sécurité élevé les concernant. En effet, les chiffres « confirment le rapport bénéfice/risque favorable de ces médicaments lorsqu’ils sont utilisés dans les indications de leur autorisation de mise sur le marché (AMM), pour le traitement du diabète et de l’obésité », conclut ce rapport qui porte sur une période allant d’août 2023 à janvier 2025. Durant cette période de 18 mois, « 376 cas graves ont été déclarés, dont 140 concernaient l’utilisation d’aGLP-1 pour traiter l’obésité. Dix-neuf décès ont été rapportés chez des patients traités par aGLP-1, sans que ces décès puissent être directement attribués à ces médicaments », résume le rapport.
Les effets indésirables les plus fréquemment observés (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales…) étaient « déjà connus et renseignés dans les notices », précise en outre le gendarme du médicament, qui met toutefois le doigt sur un autre problème à surveiller de plus près. En effet, le rapport fait état d’un « signal potentiel de carences nutritionnelles importantes » lié à la prise de ces médicaments. Carences en fer allant jusqu’à l’anémie, perte de masse musculaire potentiellement plus importante que lors d’un régime traditionnel, atteinte neurologique liée à un déficit sévère en vitamine B1… « La perte de poids rapide et importante peut entraîner diverses carences et des maladies associées », rappelle l’ANSM, précisant toutefois que ces signaux d’alerte nécessitent des investigations complémentaires et font déjà l’objet d’une surveillance renforcée.
Le mésusage des analogues du GLP-1, parfois employés par des patients souhaitant juste perdre quelques kilos, est un sujet de préoccupation majeure pour les autorités sanitaires. L’enquête de pharmacovigilance confirme justement les risques qui existent lorsque ces médicaments sont obtenus de manière détournée par des personnes qui n’auraient pas dû y avoir recours. Ainsi, « 36 cas d’effets indésirables liés à un mésusage pour perdre du poids, dont 25 cas graves » ont été recensés durant les 18 mois étudiés dans le cadre de l’enquête. « La majorité de ces cas concernent des médicaments obtenus en dehors du circuit médical (par un proche, à l’étranger ou sur Internet). Les effets indésirables rapportés dans le cadre de ces mésusages à fin d’amaigrissement comprennent notamment des vomissements sévères ayant conduit à une hospitalisation, un coma hypoglycémique lié à l’utilisation d’un médicament supposé falsifié et plusieurs pancréatites aiguës ». L’ANSM cite notamment l’existence d’un décès suite à une pancréatite dans un contexte de mésusage pour perte de poids. « Les aGLP-1 sont des médicaments, ce ne sont pas des produits ordinaires. Afin de s’assurer que les bénéfices attendus soient toujours supérieurs aux risques encourus, il est indispensable de les utiliser en respectant la prescription du médecin. L’utilisation d’un aGLP-1 en dehors des indications prévues par son AMM, sans ordonnance, ou obtenu en dehors du circuit légal du médicament, expose à des risques graves pour la santé », rappelle l’ANSM.
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