Les prestataires de santé à domicile (PSAD) estiment ne pas être suffisamment mis à contribution face aux différents enjeux que connaît aujourd’hui notre système de santé. En s’appuyant sur les données d’une enquête réalisée par un cabinet de conseil, l’UPSADI, principal syndicat du secteur, plaide pour que de nouvelles missions soient confiées aux entreprises privées qu’il représente. Des évolutions qui permettraient de réaliser d’importantes économies, selon ce syndicat…
Prévention dans différents domaines, maintien et retour à domicile, lutte contre la désertification médicale… face à tous ces enjeux, et si l’on faisait davantage appel aux PSAD ? C’est le message que souhaite faire passer l’Union des prestataires de santé à domicile indépendants (UPSADI), qui dévoile les résultats d’une enquête menée pour son compte par le cabinet de conseil Nextep. Selon cette étude, confier de nouvelles missions aux PSAD pourrait générer entre 250 et 630 millions d’euros pour le système de santé. « Les PSAD sont déjà présents, déjà compétents et déjà aux côtés des patients les plus fragiles y compris ceux qui résident dans les déserts médicaux », souligne Didier Daoulas, président de l’UPSADI, rappelant que près de 4 millions de Français sont déjà pris en charge chaque année par des professionnels du secteur. « En confiant à nos équipes de nouvelles missions, sans que l’État n’invente de nouvelles structures complexifiant le système de soins français et sans empiéter sur les missions des autres acteurs, nous pouvons éviter des hospitalisations, retarder la perte d’autonomie et réduire les inégalités territoriales », promet-il.
Dans le collimateur des pharmaciens qui les accusent parfois de captation de clientèle ou d’inciter les patients à surconsommer certains dispositifs médicaux, les PSAD s’estiment sous-utilisés aujourd’hui. L’étude réalisée par Nextep soutient justement qu’élargir leurs compétences serait particulièrement pertinent. Six missions prioritaires ont été identifiées. L’UPSADI évoque ainsi la possibilité d’intégrer les PSAD aux bilans prévention et au programme ICOPE, notamment pour « participer au repérage des fragilités » chez certains patients. Autre proposition : déployer une mission « Vigilance canicule », dans le cadre de laquelle des prestataires se rendraient au domicile des patients pour « vérifier les conditions de logement, rappeler les gestes de prévention et signaler les situations à risque aux collectivités ». Toujours dans l’optique de réduire le nombre d’hospitalisations, l’enquête préconise d’autoriser les infirmiers qui travaillent pour ces entreprises privées à participer aux campagnes de vaccination contre les infections respiratoires. « Ils pourraient vérifier le statut vaccinal et vacciner à domicile les publics les plus fragiles », est-il proposé.
Pour le retour à domicile après un passage à l’hôpital, les PSAD demandent à se voir transférer certaines composantes du dispositif PRADO, service dont le but est justement d’anticiper les besoins du patient lors de son retour chez lui. Dans ce cadre, les prestataires estiment qu’ils pourraient jouer un rôle important en se rendant chez le patient pour « vérifier son environnement, le soutenir dans ses démarches, coordonner ses rendez-vous, ou repérer d’éventuelles complications ». Enfin, l’étude diffusée par l’UPSADI prône un plus grand recours aux services de ces entreprises privées pour prévenir l’aggravation des maladies chroniques, notamment en surveillant la bonne observance des traitements chez les patients concernés.
Additionnées, toutes ces nouvelles missions pourraient donc générer entre 250 et 630 millions d’euros pour le système de santé, en réduisant le nombre d’hospitalisations, en améliorant la prévention ou encore en limitant le risque de complications. C’est en tout cas ce qu’affirme cette étude, dont les conclusions ne seront peut-être pas complètement partagées par les représentants des pharmaciens, qui s’étaient notamment opposés à une proposition de loi prévoyant l’inscription des PSAD dans le code de la santé publique.
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