L’arrêté est paru au Journal Officiel du 24 décembre 2025 : la généralisation de l’innovation OSyS (Orientation dans le système de soins) en officine est autorisée depuis le 1er janvier 2026, avec une période transitoire de dix-huit mois maximum. Une entrée dans le droit commun de l’expérimentation au titre de l’article 51 avant même que l’avis du Conseil stratégique en innovation de santé ne soit publié.
Cinq ans après son lancement, le dispositif OSyS (pour Orientation dans le système de soins) est généralisé. L’autorisation « dans les conditions précisées par le cahier des charges susvisé » a été publiée par arrêté au Journal officiel du 24 décembre du 2025. Le dispositif n’entre cependant pas immédiatement en vigueur : comme pour toute expérimentation au titre de l’article 51, une période transitoire est établie « pour une durée de douze mois, assortie d'une période de prolongation possible de trois mois renouvelable une fois, pour une durée totale maximale de dix-huit mois ». Le temps de définir les conditions de la généralisation à tout l’Hexagone du dispositif testé depuis 2021 en Bretagne et depuis 2023 en Occitanie, Centre-Val de Loire et Corse.
Promise par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 25 septembre dernier, l’entrée dans le droit commun du dispositif, expérimenté en priorité dans les officines situées en zone d’accès difficile aux premiers soins, fait partie du plan gouvernemental pour lutter contre les déserts médiaux. S’appuyant sur des résultats prouvant son efficacité, son efficience, sa reproductibilité et sa faisabilité, le gouvernement n’a pas attendu la publication de l’avis du conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS) sur le site du ministère de la Santé. Le processus arrive cependant à terme : le rapport d’évaluation a été transmis au comité technique de l’innovation en santé (CTIS) en novembre, puis au CSIS, dont les retours doivent être intégrés à l’avis avant publication.
Il s’agit d’« une avancée majeure » selon Pierre-Olivier Variot, président de l’Union de syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) : « le rôle de la pharmacie et de son équipe dans le premier recours est enfin reconnu sans remise en cause des compétences des autres professionnels de santé. La généralisation de l’expérimentation OSyS permet désormais aux pharmaciens d’intervenir directement auprès des patients dans la prise en charge de situations courantes ». OSyS permet de prendre en charge ou d’orienter le patient vers un médecin ou les urgences dans quatre situations cliniques : les plaies simples, les piqûres de tiques, les conjonctivites et les brûlures de premier degré. Les TROD cystites et TROD angines sont déjà passées dans le droit commun.
La période transitoire qui s’ouvre devra permettre, outre la mise en place d’un protocole et d’outils nécessaires à la réussite de la généralisation, l’ouverture de négociations sur la rémunération de ces actes de premiers recours. « Nous avons obtenu la reconnaissance de la place des pharmaciens dans le parcours de soins, a souligné Philippe Besset, président de Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) dans ses vœux du 1er janvier. La prise en charge des situations cliniques et des maux du quotidien fera désormais partie intégrante de leurs missions. Elle sera enfin valorisée par une rémunération dédiée. »
A la Une
Les sanctions sur le DMP censurées, les plafonds de remises validés
Permanence des soins
Avis à la grève générale des médecins du 5 au 15 janvier
Prévention des infections à pneumocoque
Les pharmaciens peuvent prescrire et administrer Capvaxive
Vaccin contre le papillomavirus
Les pharmaciens peuvent prescrire et administrer Gardasil 9 chez tous les jeunes jusqu’à 26 ans