Troubles anxieux et troubles de l’humeur - Médecines naturelles, une science avant tout

Troubles anxieux et troubles de l’humeur

Les troubles anxieux
L’anxiété est une émotion normale qui se manifeste lorsqu’on se sent menacé. Elle devient pathologique si elle est excessive en intensité ou dans sa durée et qu’elle interfère avec le fonctionnement de la personne. Ses manifestations cliniques peuvent être physiques – accélération du rythme cardiaque, souffle court, tremblements…– et mentales – inquiétude, peur, difficulté de concentration…
Dans la population générale âgée de 18 à 65 ans, l’ensemble de ces troubles anxieux a une prévalence sur la vie entière d’environ 21 % (1).
Les plantes permettent une adaptation fine à la symptomatologie du patient, conduisant à une personnalisation du traitement. Prendre le temps de préciser les symptômes et le ressenti du patient est donc indispensable pour proposer un accompagnement pertinent.
La phytothérapie constitue une alternative intéressante aux traitements pharmacologiques qui, par ailleurs, peuvent entraîner des effets secondaires, voire des problèmes de dépendance.
 
· La passiflore
La passiflore (Passiflora incarnata) convient particulièrement aux états anxieux accompagnés d’agitation, d’hyperexcitabilité neurosensorielle, d’insomnie. La personne sursaute, surréagit, est toujours en mouvement… Elle présente les caractéristiques d’une excitation sympathicotonique se traduisant par un stress permanent. Les alcaloïdes et flavonoïdes, que contient la passiflore, agissent sur les récepteurs aux benzodiazépines et les systèmes GABAergiques et lui confèrent un effet sédatif puissant. Elle peut également être utilisée en administration concomitante lors des phases de sevrage, avec diminution des posologies d’hypnotiques.
 
· L’aubépine
Crataegus oxyacantha, l’aubépine, est une plante qui présente un fort tropisme cardiaque. Elle sera préférée à la passiflore en cas d’anxiété associant des palpitations, une tachycardie ou une oppression thoracique. Elle agit sur le système bêta-sympathique et pourrait être qualifiée de « petit bêtabloquant » ou « bêtalimitant ».
En cas d’examens ou d’événements importants pouvant induire une anxiété, l’aubépine peut être utilisée en prémédication durant une à deux semaines avant le jour J. Elle aidera la personne à mieux se maîtriser et évitera les tremblements.
 
· La mélisse
La mélisse (Melissa officinalis), quant à elle, pourra être conseillée en cas de sensation d’oppression, d’anxiété par anticipation ou de somatisation basse (spasmes gastro-intestinaux, digestion difficile…).
 
· La valériane
Connue dans les troubles du sommeil, la valériane (Valeriana officinalis) offre également de bons résultats en cas d’anxiété. Et ce surtout chez les patients faisant état de ruminations, d’idées noires, de phénomènes obsessionnels.
 
Les troubles de l’humeur
En cas d’aggravation des symptômes et de tendance dépressive (trouble de l’humeur persistant, diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour des activités habituellement agréables, réduction de l’énergie ou augmentation de la fatigabilité…), le millepertuis (Hypericum perforatum) pourra être utilisé.
Il convient particulièrement aux états dépressifs sérotoninergiques, dont les symptômes habituels sont : l’irritabilité, l’impatience, la difficulté à supporter les contraintes, l’attirance pour le sucré, l’humeur changeante. Le millepertuis est indiqué dans les états dépressifs légers à modérés et a montré les mêmes résultats que d’autres antidépresseurs ayant la même indication.
La posologie habituelle est de 600 mg d’extrait sec en deux prises par jour (matin et soir), éventuellement titré en hyperforine, le constituant le plus actif.
Le millepertuis s’utilise sur plusieurs mois (six mois en général) et son effet maximal apparaît après quinze jours de prise.
Deux précautions sont à connaître :
– une photosensibilisation est possible (attention aux patients à peau claire) ;
– le millepertuis est un inducteur des cytochromes P450 1A2, 2C8, 2D6 et 3A4 (2), d’où un risque d’interaction avec les médicaments à marge thérapeutique étroite.
 
Le safran (Crocus sativus) peut être proposé comme alternative au millepertuis. Il inhibe la recapture des neuromédiateurs dopaminergiques, sérotoninergiques et noradrénergiques. Ces deux composés principaux sont le safranal et la crocine. Il est actif à faible dose, il présente peu d’effets secondaires et pas d’interactions connues.
 
Et les huiles essentielles…
L’huile essentielle (HE) d’oranger petit grain est riche en acétate de linalyle (40-80 %) qui dispose de propriétés calmantes, tranquillisantes, anxiolytiques. Elle est très intéressante en diffusion car la muqueuse olfactive capte les molécules volatiles de l’huile essentielle, ce qui conduit à la stimulation de la zone du système limbique via le nerf olfactif.
L’HE d’oranger petit grain peut également être utilisée par voie orale à raison d’une goutte 2 à 3 fois par jour, soit jusqu’à environ 80 mg par jour (attention, la quantité peut varier en fonction du compte-gouttes) et par voie cutanée : une goutte sur le plexus et une goutte sur le poignet, en cas de bouffée d’angoisse, ou le soir au coucher.
Les huiles essentielles de lavande et de mandarinier peuvent aussi être utilisées.

À retenir

Les règles hygiéno-diététiques à conseiller aux patients souffrant de troubles anxieux (1)
· Respecter une quantité de sommeil suffisante ;
· Veiller à un bon équilibre alimentaire ;
· Adopter une tempérance ou abstinence vis-à-vis de l’alcool, du café, du tabac et des drogues ;
· Pratiquer régulièrement de l’exercice physique.

REFERENCES

Cette fiche a été réalisée avec la collaboration du Dr Jean-Michel Morel, médecin généraliste, président de la Société franc-comtoise de phytothérapie et d’aromathérapie, chargé de cours au Diplôme universitaire de phytothérapie et d’aromathérapie à la faculté de médecine et pharmacie de Besançon, auteur du Traité pratique de phytothérapie, éd. Grancher.
www.WikiPhyto.org et www.iftac.fr
 
(1)   Haute Autorité de santé. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. HAS, juin 2007.
(2)   http://ansm.sante.fr/Dossiers/Interactions-medicamenteuses/Interactions-medicamenteuses-et-cytochromes/(offset)/1# Consulté le 07/04/16.