Détoxifier l’organisme - Médecines naturelles, une science avant tout

Détoxifier l’organisme

État des lieux

Le foie joue un rôle clé dans les processus de détoxification de l’organisme en inactivant les substances potentiellement toxiques d’origine interne et externe. 

Ce processus physiologique fait intervenir des réactions enzymatiques classiquement classées en trois phases :
• Les enzymes de la phase I permettent la « fonctionnalisation chimique » afin que les molécules soient prises en charge par nos systèmes de détoxification.
• Les enzymes de phase II assurent la « conjugaison » qui permet de greffer des radicaux moléculaires favorisant l’élimination de ces métabolites.
• Les enzymes de phase III réalisent le transport des toxiques en dehors de la cellule.
Il existe de nombreuses plantes médicinales capables d’agir sur ces différentes phases et, particulièrement, au niveau de la phase II. Elles seront utiles pour éliminer les molécules toxiques introduites dans l’organisme (poison, polluants ou certains médicaments) ou induites par un dysfonctionnement physiologique. À titre d’exemple, les régimes hypocaloriques, l’activité sportive intense, certaines maladies rhumatismales, l’acné… peuvent conduire à la sécrétion et à l’accumulation de toxines.
D’autres plantes seront utilisées pour leur capacité à drainer l’organisme en stimulant les organes émonctoires (le foie, les reins, la peau…).
Ces plantes seront de préférence utilisées en cures séquentielles pour ne pas saturer les récepteurs et permettre une meilleure élimination.
 
Le chardon-marie
Chef de file des plantes hépatoprotectrices, le chardon-marie (Silybum marianum) a des propriétés détoxifiantes. Utilisé en préventif, il active les processus de détoxification en stimulant la synthèse de certaines enzymes comme la polymérase A qui augmente la synthèse des acides nucléiques : la capacité des cellules hépatiques à se multiplier, donc à se régénérer, est augmentée.
Cette astéracée est également hépatoprotectrice, elle inhibe le système de transport et d’absorption des toxiques, elle neutralise aussi les radicaux libres pouvant endommager les cellules hépatiques.
Du fait de ces propriétés, le chardon-marie présente un intérêt thérapeutique avant, pendant et après une exposition aux substances toxiques.
 
Le desmodium
Originaire d’Afrique de l’Ouest, cette plante vivace de la famille des fabacées, est un excellent hépatoprotecteur. Il a fait la preuve de son efficacité protectrice de la cellule hépatique dans l’hépatite toxique. Chez des patients atteints d’une hépatite B, une étude clinique a montré une normalisation rapide de l’ictère, des transaminases et de la bilirubine.
 
L’artichaut
De la famille des astéracées, l’artichaut (Cynara scolymus) active les fonctions hépatiques et biliaires. Cholagogue et cholérétique, comme le pissenlit, il est riche en lactones sesquiterpéniques qui permettent d’accélérer l’élimination des substances toxiques solubilisées dans la bile.
 
Le radis noir
Le radis noir (Raphanus sativus) est le chef de file des draineurs. Il contient des principes actifs soufrés, les glucosinolates, qui accélèrent l’élimination des xénobiotiques. Comme beaucoup d’autres représentants de la famille des brassicacées, il est actif sur la phase II et en moindre mesure sur la phase I.
 
Le boldo
À la fois hépatoprotecteur et détoxifiant, le boldo (Peumus boldus) contient une huile essentielle qui libère une odeur rappelant la mélisse ou la menthe lorsque l’on froisse ses feuilles. Du fait de sa richesse en alcaloïdes, il conviendra de l’utiliser de façon discontinue.
 
L’aubier de tilleul
L’aubier (entre l’écorce et le cœur) de tilleul (Tilia cordata ou T. sylvestris) est riche en acides phénols, tanins, coumarines, acides aminés et phloroglucinol. Utilisé en décoction (40 g/L), il est très intéressant pour drainer le rein en cas de lithiase urinaire ou nettoyer les voies biliaires après un excès alimentaire en augmentant la cholérèse. Il est également pertinent de le conseiller en cas de migraine hépatique (migraine se déclenchant en cas de surcharge digestive ou après l’ingestion de certains aliments).
 
L’aromathérapie
La détoxification n’est pas une indication courante de l’aromathérapie. On peut néanmoins mettre à profit les propriétés hépatoprotectrices de certaines huiles essentielles, comme la carotte sauvage ou le citron, dans les mélanges mettant en œuvre des huiles essentielles potentiellement hépatotoxiques (origans, cannelle, sarriette, etc.).

REFERENCES

Cette fiche a été réalisée avec la collaboration du Dr Jean-Michel Morel, médecin généraliste, président de la Société franc-comtoise de phytothérapie et d’aromathérapie, chargé de cours au Diplôme universitaire de phytothérapie et d’aromathérapie à la faculté de médecine et pharmacie de Besançon, auteur du Traité pratique de phytothérapie, éd. Grancher.
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