Publi rédactionnel réalisé par le Quotidien du Pharmacien Agence pour PiLeJe - Un déséquilibre du microbiote impliqué dans le développement des maladies métaboliques

Publi rédactionnel réalisé par le Quotidien du Pharmacien Agence pour PiLeJeUn déséquilibre du microbiote impliqué dans le développement des maladies métaboliques

09.02.2017

Il est aujourd’hui bien établi que les individus présentant un déséquilibre des populations bactériennes intestinales (dysbiose) sont plus fréquemment concernés par les maladies métaboliques (1, 2). Perturbateurs du microbiote, les antibiotiques révèlent des effets indésirables jusqu’ici insoupçonnés.

  • Déséquilibre du microbiote

Le rôle du microbiote intestinal dans les maladies métaboliques a été mis en évidence chez l’animal et chez l’homme il y a déjà quelques années. Plusieurs faits marquants sont venus étayer ce lien. Par exemple, alors que des souris dépourvues de microbiote (germ-free) restent minces malgré la consommation d’aliments gras et sucrés (3), elles deviennent obèses lorsqu’on leur transfère le microbiote de souris obèses (4). Il semble qu’une altération du microbiote entraîne une augmentation de la quantité d’énergie récoltée à partir du bol alimentaire (4, 5). À l’inverse, chez l’homme, le transfert du microbiote de donneurs sains à des sujets obèses ou diabétiques permet d’améliorer, de façon légère mais significative, respectivement le poids et la glycémie de ces sujets, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques (6).
Les acides gras à chaîne courte produits par les bactéries du microbiote constituent à la fois des substrats énergétiques et des régulateurs du métabolisme énergétique de l’hôte (7). Ils pourraient ainsi influencer le risque de diabète et expliquer en partie le lien entre microbiote et maladies métaboliques (8, 9).

Les antibiotiques source de dysbiose

Certaines dysbioses intestinales sont associées à une inflammation chronique de bas grade et à une augmentation de la perméabilité intestinale, qui favorisent la pénétration de composants bactériens dans le milieu intérieur. Ce phénomène contribuerait au développement d’une insulinorésistance chez l’animal (10) et à un risque plus élevé de diabète chez l’homme (11). Les antibiotiques, couramment utilisés dans les pays occidentaux, sont connus pour altérer l’équilibre du microbiote intestinal et peuvent être à l’origine d’une dysbiose. Dès lors, la question se pose de savoir s’ils pourraient contribuer au développement de maladies métaboliques. La littérature apporte déjà plusieurs éléments de réponse. Dans des modèles de souris, la dysbiose provoquée par de faibles doses de pénicilline altère l’expression de gènes impliqués dans le métabolisme et induit une adiposité (12, 13). De récents travaux chez l’homme indiquent aussi qu’une exposition aux antibiotiques durant les premières années de vie augmente le risque de surpoids et d’adiposité centrale à l’âge adulte (14).

Un lien démontré entre exposition aux antibiotiques
et développement du diabète

Plus récemment, les travaux de Boursi et al. ont directement évalué l’impact d’une exposition aux antibiotiques sur le risque de diabète. Grâce à une étude cas-témoins impliquant plus d’un million de personnes, âgées de 60 ans en moyenne et suivies sur une période de 18 ans, cette équipe américano-israélienne a mis en évidence une relation dose-effet entre le nombre de cures d’antibiotiques sur une période de plus d’un an et le risque de diabète. Les résultats montrent que le risque augmente dès la deuxième cure et jusqu’à la cinquième, et ce, pour différentes familles d’antibiotiques, pénicillines, céphalosporines, macrolides et quinolones. Ces dernières impactent plus fortement le risque de diabète puisque les patients exposés à plus de cinq cures de quinolones présentent un risque augmenté de 37 %.
Ce surrisque associé aux antibiotiques reste encore perceptible pour des expositions plus anciennes, laissant suggérer qu’il est indépendant d’un état prédiabétique. Il est à noter qu’aucune association n’a pu être retrouvée avec les antiviraux ou les antifongiques (15).

Références

1. Tremaroli V et al. Functional interactions between the gut microbiota and host metabolism. Nature. 2012;489:242-249. • 2. Le Chatelier E et al. Richness of human gut microbiome correlates with metabolic markers. Nature. 2013;500(7464):541-546. • 3. Bäckhed F et al. Mechanisms underlying the resistance to diet-induced obesity in germ-free mice. Proc Natl Acad Sci. 2007;104(3):979-984.
4. Turnbaugh et al. An obesity-associated gut microbiome with increased capacity for energy harvest. Nature. 2006;444(7122):1027-1031. • 5. Ley RE et al. Obesity alters microbial ecology. Proc Natl Acad Sci. 2005;102(31):11070-11075. • 6. Vrieze A et al. Transfer of intestinal microbiota from lean donors increases insulin sensitivity in individuals with metabolic syndrome. Gastroenterology. 2012;143:913-916.e7. •
7. Den Besten G et al. The role of short-chain fatty acids in the interplay between diet, gut microbiota and host energy metabolism. J Lipid Res. 2013;54(9):2325-2340. • 8. De Vadder F et al. Microbiota-generated metabolites promote metabolic benefits via gut-brain neural circuits. Cell. 2014;156(1-2):84-96. • 9. Tilg H et al. Microbiota and diabetes: an evolving relationship. Gut. 2014 ; 63 : 1513-1521. • 10. Cani PD et al. Metabolic endotoxemia initiates obesity and insulin resistance. Diabetes. 2007;56(7):1761-1772. 11. Amar J et al. Involvement of tissue bacteria in the onset of diabetes in humans: evidence for a concept. Diabatologia. 2011;54(12):3055-3061. • 12. Cho I et al. Antibiotics in early life alter the murine colonic microbiome and adiposity. Nature. 2012; 488(7413):621-626. • 13. Cox LM et al. Altering the intestinal microbiota during a critical developmental window has lasting metabolic consequences. Cell. 2014;158(4):705-721.
14. Azad MB et al. Infant antibiotic exposure and the development of childhood overweight and central adiposity. Int J Obes (Lond). 2014;38(10):1290-1298. • 15. Boursi B et al. The effect of past antibiotic exposure on diabetes risk. Eur J Endocrinol. 2015;172(6):639-648.

Agnès Lara, d’après un article du Pr Jacques Amar de la Revue des Microbiotes
Source : Lequotidiendupharmacien.fr

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