Un courant alternatif - Les médecines non conventionnelles à l’étude

Un courant alternatifLes médecines non conventionnelles à l’étude

20.10.2016

Depuis le mois d’avril, la phytothérapie, l’homéopathie, la médecine traditionnelle chinoise, l’acupuncture et la médecine anthroposophique sont définitivement prises en charge par les caisses d’assurance primaire helvétiques. Bien qu’il n’en soit pas encore question en France, il est notable que les médecines alternatives et complémentaires se développent aussi bien en milieu libéral qu’en milieu hospitalier. Une évolution qui divise le monde médical.

Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) seraient-elle en passe de faire partie intégrante de l’offre de soins ? Face à l’attrait des patients pour ces médecines – un Français sur deux reconnaîtrait y avoir recours selon le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) – de plus en plus de professionnels de santé ou d’institutions s’interrogent sur la place à leur réserver. Certains sont catégoriques et invoquent l’article R4127-39 du Code de la santé publique : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. » D’autres, face à des patients qui incluent les médecines complémentaires dans leur choix de santé avec ou sans avis médical, préfèrent ne pas les nier et cherchent à mieux les appréhender.
 
Un déploiement appuyé par l’OMS
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) comptabilise pas moins de quatre cents médecines « complémentaires », « alternatives » ou « traditionnelles ». Des médecines qui constituent, selon l’OMS, « un pan important et souvent sous-estimé des soins de santé ». Afin d’aider les responsables de la santé à développer des solutions qui participent d’une vision plus large favorisant l’amélioration de la santé et l’autonomie des patients, l’Organisation a d’ailleurs édité « Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle pour 2014-2023 ». Cette stratégie a pour objectif d’aider les États membres à mettre à profit la contribution potentielle des MAC à la santé, au bien-être et aux soins de santé centrés sur la personne tout en garantissant leur usage sûr et efficace.
 
Une autre vision du soin
Acupuncture, ostéopathie, phytothérapie, homéopathie… les MAC visent, de manière générale, à favoriser la prise en compte globale du patient et la recherche de l’offre de soins personnalisés. Cette démarche plus connue sous le nom de médecine intégrée, ou Integrative Medicine pour les Anglo-Saxons, explique sans doute pour partie l’engouement des patients pour ces médecines, en particulier les patients atteints de pathologies chroniques. Le soin n’est plus seulement un acte technique, il intègre le bien-être du patient et l’amélioration de sa qualité de vie. Une vision qui fait son chemin. En effet, en 2015, près de 6 115 médecins français ont déclaré un titre ou une orientation de médecine alternative et complémentaire et 86 % des médecins seraient favorables aux médecines complémentaires dans certains cas (sondage CNOM, juin 2015).
 
Les MAC à l’hôpital
À l’hôpital également les pratiques évoluent et de plus en plus d’établissements font entrer les médecines complémentaires : l’aromathérapie au CHU de Poitiers, l’hypnose à l’hôpital Robert-Debré (Paris), l’homéopathie au sein des hôpitaux civils de Lyon (HCL), les médecines chinoises à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP)… Le comité d’orientation en matière de médecines complémentaires de l’AP-HP a réalisé, début 2012, une enquête auprès des CHU. Sur 29 établissements interrogés, 16 ont répondu et tous proposent des médecines complémentaires dans leur offre de soins : toucher massage (14), hypnose (11), acupuncture (10), relaxation (9), ostéopathie (6).
Pour l’Académie nationale de médecine (ANM), « ces pratiques, sont un élément probablement irréversible de nos méthodes de soins. L’intérêt qui leur est porté (publications, projets de recherche…) et les connaissances en neurobiologie qui permettent d’en approcher le mécanisme obligent à les considérer avec sérieux ». À ce titre, l’ANM qualifie « d’acceptable », l’introduction des thérapies complémentaires à l’hôpital public, tout en insistant sur le fait que « ces pratiques doivent rester à leur juste place : celle de méthodes adjuvantes pouvant compléter les moyens de la médecine ».

Caroline Nidelet
 

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