Cerveau, fructose et oméga-3

Cerveau, fructose et oméga-3

14.06.2016

La consommation de fructose pourrait modifier l’expression de centaines de gènes au niveau cérébral, effet qui serait associé à des maladies métaboliques comme le diabète ou les maladies cardio-vasculaires, mais aussi à la maladie d’Alzheimer ou au trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Mais, cet effet délétère du fructose, observé sur un modèle de souris, pourrait être contrecarré par la consommation d’oméga-3. 

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Des travaux expérimentaux menés par des chercheurs de l’université de Californie –Los Angeles (UCLA) aux États-Unis – soulignent l’impact délétère du fructose sur 900 gènes du cerveau, 700 dans l’hypothalamus et 200 dans l’hippocampe, sur les 20 000 séquencés dans ce travail publié dans EBioMedicine. Cette même équipe avait déjà montré que le fructose, présent dans de très nombreux produits de l’alimentation occidentale, perturbe la communication neuronale et que, à long terme, une alimentation riche en fructose est associée à une réduction des capacités de mémorisation et d’apprentissage.



Dans cette nouvelle étude, des souris ont été formées à un test du labyrinthe, puis ont été séparées en trois groupes : le premier a reçu un régime riche en fructose sans oméga-3, le deuxième un régime riche en fructose et en oméga-3 et le troisième un régime sans fructose ni oméga-3 (groupe témoin). Les trois groupes de souris ont ensuite été à nouveau soumis au test du labyrinthe, avec des résultats différents selon le type de régime alimentaire : les souris du premier groupe ont mis deux fois plus de temps pour sortir du labyrinthe que celle du troisième groupe, alors que les performances de celles du deuxième groupe ont été comparables à celles du groupe témoin.



Il semble ainsi que le fructose ait altéré les capacités de mémorisation des souris, mais que cet effet délétère soit annihilé par les oméga-3.

Les auteurs de ce travail ont aussi identifié deux gènes particulièrement touchés par le fructose, Bgn et Fmod, gènes qui, une fois modifiés, peuvent avoir un impact sur des centaines d’autres gènes par un effet en cascade.

 

Dr Isabelle Hoppenot 

 

 

Meng Q et al. Systems nutrigenomics reveals brain gene networks linking metabolic and brain disorders. EBioMedicine 21 avril 2016. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.ebiom.2016.04.008

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