Entre gêne et honte - Couvrez cette peau…

Entre gêne et honteCouvrez cette peau…

31.03.2016
La peau n’est pas un organe comme les autres : elle est l’organe de la relation aux autres. Or, toutes les lésions cutanées sont visibles et la maladie s’affiche aux yeux de tous. Eczéma, acné, rosacée, psoriasis… : les dermatoses altèrent inévitablement aussi bien l’image que le sujet a de lui-même que celle qu’il offre à autrui.
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Même si les dermatoses ne mettent habituellement pas en jeu le pronostic vital, elles ont un impact psychologique certain, altèrent souvent les relations sociales et, parfois, les activités quotidiennes. Ce à quoi s’ajoutent les difficultés d’observance dans les dermatoses chroniques, avec, au total, une dégradation de la qualité de vie.

Conflit esthétique

Souvent visibles, voire affichantes, les dermatoses suscitent curiosité, voire dégoût et répulsion, ou encore gêne et honte. D’autant que, dans l’inconscient collectif, les maladies de peau restent encore souvent synonyme de maladies contagieuses, vénériennes, honteuses.
Ainsi, les patients atteints de dermatoses tentent-ils de les cacher pour éviter le regard des autres, ce qui est particulièrement vrai pour l’acné à l’adolescence. Le jeune acnéique craint de donner l’impression d’être négligé, incapable de contrôler son aspect physique alors que, à cette période narcissique, c’est tout le contraire qu’il désirerait montrer.
Mais, quel que soit l’âge, le conflit esthétique existe, avec toutes ses conséquences dans les relations sociales, professionnelles et affectives.

Souvent, un vrai handicap

Outre le fait que les maladies de peau sont souvent étiquetées « psychosomatiques », ce qui renvoie le malade à sa responsabilité dans la survenue de son affection, leur retentissement dans la vie quotidienne est loin d’être anodin.
Responsables d’absentéisme professionnel, d’inhibition dans les contacts sociaux, a fortiori dans les relations amoureuses (l’adolescent acnéique n’ose souvent pas en entamer une), les dermatoses peuvent priver de certaines activités sportives ou sorties en public.
Souvent humilié, ayant une mauvaise image de lui-même, le patient atteint d’une maladie de peau peut développer une véritable dépression. Ainsi, toute maladie de peau, même si elle peut nous sembler anodine, doit être évaluée, non seulement en tant que « dermatose », mais aussi dans toutes ses dimensions psychologiques.

Dr Catherine Bouix

Source : Lequotidiendupharmacien.fr

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