Salles de shoot : le Réseau français de réduction des risques critique l’Académie de pharmacie

Salles de shoot : le Réseau français de réduction des risques critique l’Académie de pharmacie

Mélanie Maziere
| 11.03.2014
  • Salles de shoot : le Réseau français de réduction des risques critique l’Académie de pharmacie - 1

Le Réseau français de réduction des risques*, fervent défenseur des salles de consommation à moindre risque (SCMR) pour toxicomanes, critique vertement l’avis défavorable rendu par l’Académie de pharmacie le 27 février dernier. Le Réseau reprend certains des arguments avancés par l’assemblée des sages pour les réfuter, allant jusqu’à l’accuser d’avoir fait un choix politique alors que les élections municipales approchent. Ainsi, alors que l’Académie affirme que « certains pays comme la Suède ont supprimé les salles d’injection en raison de résultats peu convaincants », le Réseau français de réduction des risques répond qu’il n’y a jamais eu de salle de consommation en Suède. En revanche, il souligne que « les pays qui ont mis en place de tels dispositifs (Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Canada, Norvège, Australie, Danemark, Grèce) n’ont pour l’instant pas reculé ». Le Réseau s’offusque lorsque l’Académie indique que « les rares études plutôt favorables à ce genre d’expérimentation concernent l’usage d’héroïne médicinale et non celui de drogues de la rue ». Car, selon lui, les études sont nombreuses et « répertoriées par l’expertise collective de l’INSERM sur la réduction des risques publiée en 2010 ». Il ajoute qu’il ne faut pas confondre les SCMR, « dispositifs de réduction des risques où les usagers apportent leur drogue acquise illicitement à l’extérieur » avec les programmes d’héroïne médicalisée qui fournissent cette héroïne à des personnes « qui sont déjà dans le système de soin mais en échec avec les solutions proposées (méthadone et buprénorphine) ». Enfin, le Réseau regrette une « méconnaissance des Académiciens » qui oublient « le rôle tenu par les médecins de ville et les pharmaciens d’officine ». Il rappelle aussi que, selon le rapport de l’INSERM, « donner la possibilité aux usagers de drogue qui sont les plus exclus de se faire moins mal et de moins troubler l’espace public, c’est leur donner la possibilité de prendre soin d’eux, et à terme d’entamer un parcours de soin ».

* Actif dans les débats sur les SCMR, le réseau se définit comme un espace de rencontre et d’échange « entre tous ceux qui sont concernés par la réduction des risques et ses dispositifs innovants : acteurs de la société civile, acteurs de terrain, militants associatifs, scientifiques, responsables politiques… »
Source : Lequotidiendupharmacien.fr

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